> Théâtre 13 / Jardin Théâtre

CLÉRAMBARD

texte Marcel Aymé
mise en scène Jean-Philippe Daguerre

1h40 sans entracte – conseillé à partir de 10 ans

14 novembre 2017 > 23 décembre 2017

du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h – relâche le lundi

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Comédie satirique

Le comte de Clérambard, étouffé par les dettes, réduit sa famille à manger du chat et à tricoter des pullovers qu'il vend pour sauver les murs de son château. Après avoir tué le chien du curé pour le manger, St François d'Assise apparaît au comte et lui confie un livre sur sa vie qui va le transformer.


Hector de Clérambard, noble ruiné, fait régner la terreur sur sa famille (elle doit marcher au pas, tricoter et vendre des chandails) et sur les animaux qu’il tue par pur plaisir sadique. Un jour il rencontre saint François d’Assise, du moins le croit-il, et, bouleversé par cette apparition, change totalement d’attitude. Il se met à imposer la sainteté à son entourage : il aime désormais les bêtes, veut marier son fils à une prostituée qui est, pour lui, une victime innocente et ferait bien partager à tous les siens les délices de la pauvreté et de la mendicité. Du côté de l’aristocratie, de la bourgeoisie désireuse de s’allier à la noblesse et de ceux qui pensent plus au plaisir qu’à Jésus-Christ, ça renâcle. Mais comment résister à Clérambard, fou de Dieu réversible ?

Le Chef d’œuvre Théâtral de Marcel Aymé reste aujourd’hui d’une universalité sans faille que ce soit au niveau du style, de la construction dramaturgique et bien sûr du sens puisque la réflexion religieuse présente tout au long de la pièce est un formidable écho à notre société en excès ou en manque de foi.

Mais au delà du brio intellectuel de l’auteur c’est avant tout la maitrise burlesque de l’œuvre qui impressionne. La comédie passe ici par toutes les couleurs...l’humour est noir et le rire jaune...et même si la vie n’est pas toujours rose dans ce monde terrifiant et délicieusement cocasse, l’amour reste toujours présent qu’il soit bénit par Dieu...si il existe... ou par les Hommes... quand ils essayent d’exister.

Misant sur le nombre et la qualité des interprètes, la beauté et le réalisme des costumes, le spectacle file à un rythme très soutenu, bannissant les principes des conversations "naturalistes".

Toujours en quête d'une justesse irrationnelle provoquée par un jeu presque excessif à la limite de l’outrance, la mise en scène balaye conventions et faux semblants avec une belle allégresse...au service de l'écriture de Marcel Aymé, une des plus belles du théâtre français du vingtième siècle.

Jean-Philippe Daguerre