> Théâtre 13 / Seine Théâtre

OPÉRATION ROMÉO - TCHÉCOSLOVAQUIE, 1984

texte Viliam Klimáček
mise en scène Eric Cénat
Parcours écritures européennes d'aujourd'hui

Contexte historique

Tchécoslovaquie 1948-1992

Le Coup de Prague est le nom donné à la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie en février 1948 par le Parti communiste tchécoslovaque, avec le soutien de l'Union soviétique, aboutissant au remplacement du  régime parlementaire, fondé sur des élections libres, par un régime communiste, où le Parti contrôle tous les rouages du pays. Celui-ci prend le chemin du socialisme pour quarante ans. Les opposants et les membres de l'ancienne élite du pays sont persécutés ou contraints à l'exil.

Une relative libéralisation apparaît de janvier à Août 1968, avec l'arrivée au pouvoir du réformateur Alexander Dubček qui introduit la liberté de la presse, d’expression et de circulation dans la vie politique. Il dote le pays d'une nouvelle constitution qui reconnaît l'égalité des nations tchèque et slovaque au sein d'une république désormais fédérale. Cette période de « socialisme à visage humain », qui deviendra Le Printemps de Prague, s’achève avec l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie.

Le régime prend définitivement fin en 1989 au moment de la chute du bloc de l'Est, durant l'épisode dit de la révolution de velours. En 1992, la Tchécoslovaquie est dissoute pour former deux Etats indépendants : la République tchèque et la République slovaque, qui adoptent des régimes parlementaires, démocratiques et pluralistes. Les deux pays font partie aujourd’hui de l’Union européenne.


Extraits de Histoires des Tchèques et des Slovaques – Antoine Mares  / Perrin 2005 :

« Les listes de collaborateurs de la police secrète publiées après 1989 ont fait état de plusieurs dizaines de milliers de personnes, par contrainte ou par intérêt, plus rarement par conviction. La Tchécoslovaquie était en ce sens un État policier. Mais il y avait une sorte de contrat tacite dans cette société encadrée et surveillée. Le pouvoir demandait au citoyen de ne pas se mêler de politique, de laisser le parti et ses dirigeants libres de prendre leurs décisions, en échange de quoi ils lui assuraient une augmentation de son niveau de vie. Les indices économiques des années 70 et 80 témoignent de cette amélioration sensible en termes de consommation. Entre 1970 et 1985, les revenus réels ont augmenté d'environ 50 %. (...)

La normalisation causa nettement moins de dommages en Slovaquie qu'en Pays tchèques, la répression y étant à la fois moins absolue et moins rigoureuse. L'émigration, proportionnellement plus faible, en fut le reflet.(...)

Les changements de 1985 en URSS eurent leur impact dans une société qui ne s'identifiait plus avec ses dirigeants et leur politique. (...) La venue de Gorbatchev à Prague et à Bratislava en avril 1987 suscita de grands espoirs vite déçus, car son passage ne fut suivi d'aucun effet. En décembre, Husâk fut remplacé à la tête du parti... par Miloš Jakeš, l'homme de la normalisation du parti après 1968.
 
Humour tchécoslovaque : Qu’est-ce qu’il y a de bien dans le communisme ? Réponse du Slovaque : C’est que les Tchèques l’ont aussi.