> Théâtre 13 / Seine Sortie de résidence

NOS EDUCATIONS SENTIMENTALES

Variation autour de L'Education Sentimentale de Flaubert
Texte & mise en scène Sophie Lecarpentier

1h30

24 novembre 2016

Jeudi 24 novembre 2016 à 16h - entrée libre sur réservation

Nos

Comment vont les autres ?

6 comédiens racontent le quotidien d’un groupe de trentenaires partagés entre désir d’action, ennui et plaisirs de vie.


Avec l’Education sentimentale, Flaubert peint un représentant de la plupart des types d’hommes qui s'agitent dans le monde de ses contemporains - et l’on y reconnaît bien certains des nôtres ! Dans cette grande fresque, ce magistral récit choral, il exprime l'état général qui marque les heures de transition sociale. Il décrit « un mal inconnu » qui fait avorter les grandes comme les petites ambitions, qui use, trahit, fait tout dévier, et finit par anéantir les moins mauvais dans l'égoïsme inoffensif. Et cela résonne fort avec notre époque violente ; finis les « lendemains qui chantent », épuisés les rêves et idéaux post soixante-huitards… Comment se réinventer une utopie ? Flaubert met devant nos yeux un miroir en disant : « Regardez-vous ; si votre image n'est pas ressemblante, celle de votre voisin le sera peut-être. » Et, en effet, en 2016, nous trouvons le voisin ressemblant !
Nous désirons regarder si notre époque, comme celle décrite par Flaubert, est effectivement médiocre, ridicule, et condamnée à l'éternel avortement de ses aspirations.

Avec la troupe de la Compagnie Eulalie, nous avons décidé de transposer le parcours de Frédéric Moreau dans le monde d’aujourd’hui : Il était une fois un garçon irrésolu, plein de tous les appétits et de toutes les faiblesses. Il se nommait Jules et sous nos yeux, tranquillement, s’employait à rater sa vie, à la laisser lui échapper à force de ne rien choisir.
C'est « l'histoire d'un jeune homme » (le sous-titre du livre de Flaubert) mais c’est surtout l’histoire d’une bande d’amis. C’est le portrait d’une génération de trentenaires
qui cherchent un idéal et ne le saisissent jamais, qui auraient volontiers contribués à l'histoire de leur temps, mais qui sont seulement condamnés à en faire partie. Comme dans un tableau impressionniste, on croque des moments de vies : des fêtes, des discussions politiques, des fous rires, des histoires d’amour, de famille, des renoncements, des disputes, des envies, des désirs, des passions, des velléités, des ambitions.
C’est le portait d’un groupe lié par l’amitié, l’ambition, le désir. Parmi lesquels on trouve des crapules et des gens bien, une icône, des travailleurs et des oisifs.

Nous décidons de fouiller le vrai, comme disait Flaubert, de nous mettre à nu, de tenter de donner à voir la vie, la dynamique des êtes avec le projet de peindre une réalité, parfois insignifiante. Rien d’exceptionnel dans ces vies mais un quotidien traversé par la joie et l’enthousiasme, les désarrois et les compromis. C’est l’addition de ces êtres qui crée la fresque.

Pix
Nosaff
Coin