> Théâtre 13 / Seine Théâtre

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texte Stéphane Guérin
mise en scène Manex Fuchs & Georges Bigot

Note d'intention

Photo 3


Présentation de l’affaire

Le présumé coupable
Il s’appelle Karim, il est né aux Comores. Il a été adopté par Olivier et Florence Bourdon.
Ils tiennent en banlieue un restaurant sans étoile. Karim avait seize ans au moment des faits.

Les victimes
Ce sont les grands-parents d’adoption, ils ont été sauvagement assassinés au cutter. Bernard Bourdon a été éventré et égorgé. La langue de Françoise Bourdon a été tranchée. Ils habitaient un petit pavillon enclavé dans une cité périphérique.

Les jurés
Une médecin chef du service des urgences, une ingénieure, un patron de PME, une enseignante, un intérimaire, un routier, un musicien, une graphiste, et un vigneron à la retraite ancien d’Algérie. Ces juges d’un jour tirés au sort sur les listes électorales ne se connaissent pas. Ensemble, ils doivent construire un verdict, baignés dans la sueur, les larmes et le sang d’un acte monstrueux.

Le propos
D’ordinaire, le meurtre est le résultat d’un échec du langage.
Pour autant, le devenir de l’accusé se joue à l’oral. Au bout du bout sera le verbe.
L’enjeu de la parole est au coeur du propos.

Le tribunal est un théâtre, un lieu ouvert à toutes les révélations et pour la plupart, ce sont bien des histoires de mères, d’épouses, de fils, de pères, de filles ou de grands-parents qui s’y dévoilent.
Pierre-Marie Abadie - Juré d’assises, témoignage d’une expérience citoyenne et humaine – L’Harmattan

Le lieu de l’action
Au tribunal les mots sont suivis d’actes. Avec le théâtre des opérations militaires, c’est le seul lieu où le simple citoyen est amené à exercer une violence au nom du droit. Et pour les jurés comme pour tous ceux qui ont vécu « le merdier », il y a un avant et un après.

Le rapport au public tri-frontal constitue le dispositif.
Ce vis-à-vis en trois dimensions rappelle l’agencement d’une salle d’audience, et les trois corps qui s’y affrontent : défense, partie civile et parquet. Il est pour nous un moyen de renforcer le huis-clos, et d’y inclure les spectateurs.


La mise en danger des acteurs est palpable. L’acuité du jeu s’en trouve augmentée, l’adresse à travers le public l’enrichit. L’écriture chorégraphique des ellipses fragmente la continuité du temps, et contribue à planter l’espace dramatique.
Une huisserie aux allures de guillotine ou de porte sacrée signe la scénographie. Neuf chaises, deux tables, un point d’eau, un piano, un porte manteau.
La musique est jouée sur scène.