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Un spectacle de La Jolie Pourpoise en coproduction avec le Théâtre Romain Rolland de Villejuif, L’Onde – Espace culturel de Vélizy-Villacoublay, La Scène Watteau de Nogent-sur-Marne. Avec le soutien de la Drac Ile-de-France, de L’ARCADI, de l’ADAMI, de la Ville de Paris, du Conseil Général du Val de Marne et du Théâtre de l’Avant-Seine de Colombes. Avec la participation du Jeune Théâtre National. Remerciements chaleureux à l’Arcal et au CDN de Montreuil.
Un appartement communautaire à Moscou en 1930, un saucisson pris pour un revolver et la mécanique de la comédie est en route: tous sont convaincus que le chômeur Sémione Sémionovitch va mettre fin à ses jours. La lutte s’engage pour l’instrumentalisation du suicidé... Mais Sémione aura-t-il le courage d’en finir ? Et que fera-t-il de cette soudaine liberté dont le martyre lui ouvre le chemin ?...
Le Suicidé est une comédie “cauchemardesque”. Sémione est un monsieur-tout-le-monde, mesquin et égoïste, qui va se voir transfiguré par les épreuves successives qu’il subit. C’est la règle du vaudeville qui lance la mécanique : de petites causes ont de grands effets. A la suite d’un quiproquo absurde, les autres personnages se persuadent que Sémione est sur le point de se suicider. Et l’intérêt qu’ils lui manifestent soudain rend alors à Sémione cette perspective séduisante. Mais au moment de s’exécuter, il sombre corps et âme dans le vertige hamlétien de l’être et du néant. La pièce est bâtie sur la coexistence permanente d'émotions contraires : le rire devient bouleversant, la tragédie fait rire aux larmes. Sémione, transcendé par l’épreuve de la mort, va trouver les mots pour enfin dire le grotesque féroce de ce destin collectif et se faire l’apôtre de la vie et de l’individu au sein d’une société qui en a perdu le sens.
Depuis toujours fasciné par l'horreur de l'immense désillusion soviétique et son cortège de destins brisés, par sa représentation absolue du désenchantement, lorsque j'ai voulu réunir ces impressions pour en faire un spectacle, Le Suicidé de Nikolaï Erdman s'est imposé à moi comme la vision parfaite de la notion de “grotesque” : une certaine manière de voir la vie, de résister malgré tout, avec humour mais sans naïveté. Et donc une certaine manière de vouloir faire du théâtre.
Volodia Serre
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